5. la contemplation Lc 10, 38-42
Lors de son chemin, le Christ et ses disciples entrent dans un village où Marthe et Marie habitaient. Marthe invite le Christ à venir prendre un repas. Marthe sert tandis que Marie reste aux pieds du Christ. Elle écoute la parole de Dieu. Elle contemple le Verbe. Elle médite la sagesse qui sort de sa bouche. Marthe, agacée par sa soeur qui ne l’aide pas au service, se tourne vers le Christ. Elle lui dit : cela ne te fait rien que ma soeur soit à tes cotés, assise à t’écouter et délaisse le service. Marthe, Marthe, répond le Christ, ta soeur a choisi la meilleure part. Oh Marie-Madeleine, tu as encore tout compris. Tu as choisi la meilleure part, celle de la contemplation.
Tu comprends pourquoi le Christ demande à ses disciples l’exigence du renoncement et de l’abandon et la docilité à la grâce. Ces dispositions sont indispensables pour se mettre en marche, pour mettre ses pas dans ceux du Christ. Et maintenant, que les belles oeuvres commencent. Elle est toujours la première à poser des questions, à quémander les enseignements, à ouvrir grand ses oreilles quand le maître parle. Car une chose est de se disposer à tout recevoir du Christ. Une autre est de recevoir, d’être à l’écoute de la parole de Dieu, de tenter de la mettre en pratique et de construire l’homme vertueux. Car la disposition de coeur ne vaut que si nous sommes en quête de vérité et d’amour de Dieu. Marie-Madeleine comprend alors l’importance de la sagesse biblique. Ecoute Israël. Ecoute. tends l’oreille, cherche la vérité, reçois la de la part de ton Dieu, accueille la parole de Dieu semée dans ton coeur, enracine-toi dans le Verbe de Dieu, laisse germer la graine que le Christ a déposé dans ton intelligence. Sois éclairé par la lumière du prophète par excellence. Et alors, tu comprendras comment Dieu aime et tu ne désireras qu’une seule chose, aimer comme Dieu aime. Tu aimeras Dieu plus que tout et tes frères dans un véritable amour qui vise le bien de Dieu. plus tu poseras des paroles d’amour, plus tu poseras des actes réfléchis, plus en toi se lèveront les vertus, plus tu n’auras aucune honte à proclamer les merveilles de Dieu. En étant à la suite du Christ, une fois libérée de tous ses péchés et de tous ses démons, Marie-Madeleine prend conscience de la chance qu’elle a d’être auprès du Christ. Elle se laisse conduire par lui, rien, se dit-elle, ne pourra la troubler. Le Christ est là, Jésus est présent dans ma vie, de qui aurai-je crainte? Laissez-vous donc conduire comme Marie, par l'amour de la sagesse, car c'est l'oeuvre la plus parfaite, l'oeuvre par excellence. Que les soins extérieurs ne vous détournent jamais de la connaissance de la parole céleste, et gardez-vous de condamner et d'accuser d'oisiveté ceux qui s'appliquent à l'étude de cette divine sagesse. Saint Ambroise
En restant au pieds du Christ, en étant auprès de la source d’eau vive, en comblant ta soif véritable, tu nous montres l’importance, la nécessaire, l’ultime tâche de toute vie humaine, de notre être, de nos attentes. En prenant ta défense, le Christ te montre le terme de ta vie, voir Dieu dans la vie éternelle. Il te fait comprendre ce pourquoi il nous a créé : être en Dieu et partager sa vie. Il t’assure qu’il est bien celui qui étanche ta soif. Quel bonheur, tu as d’écouter sa voix. Tu le regardes et tu le vois, lui le Verbe qui était auprès de Dieu et qui a pris notre condition humaine. Le Christ te donne de vivre un moment privilégié et personne ne peut te l’ôter. Tu goûtes, à cet instant, ce que seront les délices de la vie éternelle, la douceur de la divine parole. Tu es nourri par le Christ. Tu jouis dès maintenant des délices de ce que sera le divin banquet dans le Royaume. Tu te nourris à la table du Seigneur. Tu te rappelles en cet instant de cette rencontre que le Christ a eu avec la samaritaine. Le Christ lui avait dit : je suis l’eau vive. Qui boit de cette eau vivra à jamais. L’eau que je donne devient en celui qui la reçoit source d’eau jaillissant en vie éternelle (Jn 4, 14). As-tu compris Madeleine ce que le Christ te montre : ce que sera la vie éternelle. La vie éternelle est la contemplation du mystère de Dieu, de sa vérité, de sa bonté, de son unité avec le Père et l’Esprit-Saint, de sa simplicité, de son amour, de sa beauté. Aura-t-on faim et soif toujours ? Un jour nous serons unis intimement et définitivement à la pure et parfaite Bonté de Dieu, nous n’aurons plus besoin de subvenir aux besoins du corps, et nous serons pleinement heureux : ne manquant de rien, possédant tout, n’ayant plus rien à chercher. Nous serons enivrés de l’abondance de la maison de Dieu ; nous serons rassasiés lorsque se manifestera sa Gloire. Voilà ce que Marie avait compris ! Si elle ne possédait pas encore cette vie intimement et définitivement, elle possédait du moins Celui qui, étant tout, enivre et rassasie. Telle était la part, la meilleure, que Marie s’était choisie ; jamais elle ne lui sera ôtée. Saint Augustin