7. onction à Béthanie Jn 12, 1-8
Après la résurrection de Lazare, le Christ est parti se réfugier à Ephraïm dans une contrée voisine. Il est loin de la menace causé par les juifs qui ont décidé de le saisir et de le tuer. Il reste seul avec ses disciples. La Pâque se rapproche. Il faut penser à revenir à Jérusalem. Avant d’y entrer solennellement, acclamé par la foule, le Christ fait étape à Béthanie, ville si chère à Jésus. Il y retrouve ses amis : Lazare, Marthe et Marie. Ils sont tous invités à un dîner donné en l’honneur du Christ. Marthe aide au service de table sans se plaindre de sa soeur toujours au pied du Christ. Lazare est ni malade, ni mort, ni dans son tombeau, il est un des convive du repas, bien vivant. Marie, elle, se glisse auprès du Christ avec un parfum rare d’un grand prix et d’une grande finesse. En plein milieu du repas, elle enlève le bouchon du flacon du parfum. Elle y verse le nard. La salle s’embaume de son agréable odeur. les regards des convives fusent et cherchent d’où provient cette odeur. Leurs regards se fixent sur Jésus, et en baissant les yeux, ils voient Marie-Madeleine le flacon à la main, elle verse délicatement le nard si précieux sur les pieds de Jésus. Elle essuie tendrement les pieds de Jésus avec ses cheveux.
Ce geste de Marie suscite de vifs commentaires. Judas s’offusque. ce geste est inutile, luxueux et scandaleux. Il est inutile car il ne sert à rien, il ne répond à aucun besoin. Il est luxueux par son prix et sa valeur, par le fait de dépenser autant d’argent pour ce geste. Il est scandaleux car il aurait été beaucoup plus profitable de vendre ce parfum et de donner l’argent de la vente aux pauvres. Le Christ prend une nouvelle fois la défense de Marie car ce geste est si profond, si riche et si gratuit !
Ce geste est profond car il montre toute la reconnaissance de Marie-Madeleine envers les oeuvres de Dieu. Par ce geste, Marie-Madeleine rend grâce pour toutes les oeuvres du Salut que le Seigneur a accompli envers ses proches, elle-même et tous les hommes. Son geste est l’éclat d’une prière où elle reconnaît dans le Christ tous les actes sauveurs qu’il a pu poser envers toutes les personnes qu’il a rencontré dans ses villes traversées et chemins parcourus. Elle qui a suivi le Christ a pu reconnaître que tous ses actes et ses paroles ne peuvent venir de la puissance de l’homme. Seul Dieu a pu poser de telles oeuvres.
Ce geste est riche d’adoration. Les oeuvres du Seigneur manifestent sa divinité. Marie-Madeleine ne s’y trompe pas. Elle voit et elle croit. Par cet acte, Marie-Madeleine rend hommage à la Trinité toute entière,. Elle adore le Père qui a envoyé son fils unique pour dispenser son Esprit, l’Esprit-Saint. Elle adore le pasteur selon le coeur de Dieu tant attendu par les prophètes pour venir chercher les pécheurs et les conduire à la vie éternelle. Elle adore le Fils de Dieu venu accomplir en tout point la volonté de son Père. Elle adore celui qui est la Résurrection et la vie comme il l’a dit en paroles et en actes quand il a tiré Lazare du tombeau.
Ce geste est un véritable don, totalement gratuit, qui ne demande aucun retour. Marie-Madeleine offre à Jésus ce qu’elle a de plus beau, ce qu’elle a de plus cher. Et pourtant se dit-elle, qu’est-ce que ce don par rapport au don que Dieu nous fait? Dieu nous donne la vie. N’est-ce pas pour lui inutile, luxueux voir scandaleux? Que peut-il attendre en retour ? Dieu n’a pas besoin de nous pour vivre, pour être plus grand, plus beau, plus vrai, plus bon, plus parfait. Dieu se suffit à lui-même. La vie qu’il nous donne n’ajoute rien à sa perfection, à son être. La vie que Dieu nous donne est luxueux car il nous donne tout. Il nosu donne d’être à son image. il nous invite à sa ressemblance. L’homme dans la liberté donné par Dieu a voulu être comme Dieu et sans Dieu. Dieu, fidèle à lui-même est venu jusqu’à nous en préparant la venue de son fils, jusqu’à nous donner son fils pour que le Christ se donne et nous ouvre les portes de la vie éternelle. Il nous donne d’être ses fils par l’Esprit de son Fils, l’Esprit-Saint qu’il donne en plénitude. Le don de Dieu est scandaleux de par son énormité. Comment peut-on prendre conscience de ce don inestimable.
Marie-Madeleine a raison de donner tout ce qu’elle a. D’ailleurs ce geste nous dit le Christ sera annoncé partout où l’évangile sera annoncé. Charles de Foucauld : Saint Magdeleine, voici l’heure qui arrive de verser sur la tête de notre Seigneur ce flacon de parfum si précieux qui est l’objet le plus riche de votre maison : vous vous souvenez de ce qui a été écrit de l’amour : « quand on a donné pour l’amour toutes les richesses de sa maison, on les méprise comme si on n’avait rien donné… » Donnez, donnez, Magdeleine, donnez tout ce que