chemin spirituel avec sainte Marie-Madeleine
chemin spirituel avec sainte Marie-Madeleine
Le Christ, pasteur par excellence, a été envoyé par le Père pour chercher et trouver la brebis perdue, la prendre sur ses épaules et la conduire au bercail auprès de son Père dans la vie éternelle. Par sa mort et sa résurrection, le Christ a acquis le don de la grâce, de la vérité et de l’amour de Dieu qui permet d’élever l’homme à Dieu. Si la grâce acquise par le Christ est une étape précieuse, une autre est, de la part de l’homme, de l’accueillir pour qu’elle fasse son oeuvre en nos vies et nous permette d’être de véritable fils adoptif de Dieu. Marie-Madeleine est pour nous un exemple toujours vivant de l’oeuvre de la grâce qui guérit et qui élève et qui nous permet d’être fidèle au Christ jusque dans sa mort et de ressusciter avec le Vivant afin d’être des hommes porteur de cette lumière donnée par Dieu.
la grâce qui guérit
Marie-Madeleine a, de par sa naissance, eu beaucoup de facilités. Tous les biographes admirent en elle sa beauté, sa délicatesse, son intelligence. Elle devient l’incontournable hôte de chaque festin donné dans le milieu branché de l’époque. Quand elle apparaît à chaque fête, tous les regards se rivent sur elle. Petit à petit, elle en vient à y prendre goût et l’esprit du monde l’emprisonne. Son désir de la chair, son désir du gain, son désir des honneurs viennent entraver son esprit. Au départ, elle y prend goût puis petit à petit, elle se dessèche intérieurement jusqu’au moment où elle se sent vide et si malheureuse. Qui pourrait la sortir de ce milieu, de cet enfermement.
Dans son chemin, entre Béthanie et Magdala, elle entend parler d’un homme qui lui aussi va de chemin en chemin, de Jérusalem à Capharnaüm, de Samarie en Galilée. Elle entend dire de lui qu’il opère prodiges sur prodiges : il guérit, il parle avec autorité, il pardonne. Des hommes viennent à sa suite comme ce célèbre publicain véreux, Lévi. Certains pharisiens sont outrés par l’attitude de cet homme du nom de Jésus. Il se prend pour qui, pour le Fils de Dieu ! Qui est-il ce juif pour manger à la table des pécheurs? Qui est-il ce Jésus pour pardonner les péchés ? Jésus, celui qui sauve, réplique aux pharisiens : Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin de médecin, mais les malades; je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs, au repentir (Lc 5, 31-32). Cette phrase est décisive dans la vie de Marie-Madeleine. Elle reconnaît humblement qu’elle est malade et pécheresse. Peut-être se dit-elle, il peut me guérir. Je vais aller à lui, j’irai le rencontrer et s’il est vraiment le médecin de toute âme alors il me guérira.
La chance de le rencontrer survint quand Marie-Madeleine entend dire qu’il est invité chez Simon le pharisien. Elle se prépare à y aller. Elle va à sa rencontre. Elle surgit en plein milieu du festin. Elle se jette à ses pieds et dépose sur ses pieds toutes les larmes de son repentir. avec humilité, elle prend ses cheveux et essuie les pieds du Christ. Elle les embrasse et y dépose un parfum d’un grand prix. Le Christ, face aux pensées de Simon qui juge cette femme, prend sa défense et dit à Simon : ses nombreux péchés lui sont pardonnés parce qu’elle a beaucoup aimé. Lc 7, 47. et à Marie-Madeleine, le Christ s’adresse à elle : tes péchés sont pardonnés. Lc 7, 48; ta foi t’a sauvée, va en paix. Lc 7, 50.
la grâce qui élève
Légère et rayonnante du pardon reçu, Marie-Madeleine reprend goût à la vie. Elle considère ses erreurs du passé pour ne plus y tomber. Mais maintenant qu’elle a goûté à la grâce qui guérit, son désir de suivre le Christ grandit en elle. Le Christ l’invite avec d’autres femmes à les suivre lui et ses disciples. Elle, Marie-Madeleine, et Suzanne et Jeanne, décident d’accompagner la joyeuse troupe de l’évangile et de les assister de ses biens. Le Christ continue sa route et va de villages en villages annoncer la vie éternelle en acte et en parole.
à la suite du Christ Lc 8, 1-3
Marie-Madeleine est désireuse d’écouter le Christ. Quand le Christ passe par Béthanie, Marthe, la soeur de Madeleine, l’invite. Marthe s’affaire à un service compliqué tandis que Madeleine est aux pieds du Christ et se rassasie de toutes les paroles du Christ. Sa soeur s’agace de l’attitude de Madeleine. Jésus prend la défense de Marie-Madeleine en disant : Ta soeur a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas ôtée. Lc 10, 42. Marie-Madeleine écoute attentivement la sagesse annoncée par le Christ. Par ses paroles, le Christ lui parle de Dieu, de son projet sur les hommes, de ce qu’il est venu donner aux hommes pour qu’ils puissent atteindre le bonheur d’être en Dieu. plus elle entend parler le Christ, plus son coeur se désaltère, plus elle comprend la véritable manière d’aimer comme Dieu aime. Elle comprend l’importance de la vérité qui conduit à l’amour véritable.
Marie-Madeleine reste auprès de sa soeur Marthe car Lazare, leur frère, est malade. Jésus, lui, reprend la route avec ses disciples. L’état de Lazare se détériore et il meurt. Ses soeurs en informent le Christ. Il met du temps à venir auprès de ceux qu’il aime (Jn 11, 5). Avant de venir auprès d’eux, Jésus prend le temps de prier. Il prend le temps de s’en remettre à son Père pour connaître la volonté de son Père. Jésus se met en marche et arrive aux portes de Béthanie. Marthe vient à sa rencontre puis Marie suit les pas de sa soeur. Et là, nous voyons toute la véritable amitié qui unissait Jésus et Madeleine. Quand Jésus voit Madeleine en pleurs, profondément triste de la perte de son frère, Jésus ne dit mot et pleure avec elle. Ensuite, il se dirige vers le tombeau, il fait ouvrir le tombeau et dit au mort : Lazare, sors (Jn 11, 43). Et lazare sortit du tombeau. Le Christ montre par ce geste tout le bien qu’un ami veut pour ses amis, le don de la vie.
l’amitié véritable Jn 11, 1-43
Après avoir ressuscité Lazare, Jésus retourne en prédication. Le temps est venu pour certains juifs de décider la mort du Christ. Après quelques jours, le moment est venu pour Jésus de monter à Jérusalem. Il s’arrête à Béthanie. Simon le Pharisien donne un dîner en l’honneur de Jésus. Lors du repas, Marie-Madeleine surgit une nouvelle fois avec à la main un flacon de parfum. Elle se met aux pieds du Christ, ouvre l’urne du précieux et fin parfum et en verse sur les pieds du Christ. Par ce geste, Marie-Madeleine exprime toute la reconnaissance qu’elle a envers les oeuvres du salut opéré par le Christ. Elle reconnaît dans tous ses actes et ses paroles les oeuvres de Dieu. par ce geste du parfum, elle adore en Jésus ce Dieu qui s’est fait si proche et qui révèle qui est Dieu, son projet sur l’homme : donner sa vie. Ce don du parfum est aussi action de grâce. Marie-Madeleine donne ce qu’elle a de plus précieux. Mais se dit-elle, qu’est-ce que mon don par rapport au don de Dieu?
Mourir et ressusciter avec le Christ
Après cet hommage donné en l’honneur du Christ, Jésus monte à Jérusalem. Il entre dans cette ville, acclamé par la foule. Ensuite, il demande à ses apôtres de préparer la fête de la Pâque. Le repas de la Pâque prend une ambiance particulière. Jésus leur donne son testament spirituel, il donne le pain et le vin signe de la nourriture spirituel de son corps et de son sang. Judas quitte le repas pour livrer Jésus, Pierre lui promet fidélité alors que Jésus lui dit qu’il va ce soir le renier par trois fois. Ils s’en vont au jardin des Oliviers. Le Christ prie et accepte la coupe que lui tend son père. Il est arrêté par les soldats. Il est mené devant le sanhédrin. le lendemain matin, il est devant Pilate qui ne voit en Jésus aucun motifs de condamnation. Devant la foule qui hurle : Crucifie-le, Pilate cède, libère Barabas et condamne à mort le Christ. Il le charge de sa croix et est élevé sur le bois de la Croix. Marie-Madeleine est là, dans l’incompréhension de tous ses évènements qui se succèdent et qui se passent si vite. Elle se donne avec le Christ qui se donne. Elle s’offre avec le Christ qui s’offre, elle meurt avec le Christ qui meurt.
Mourir avec le Christ Mc 15,40-41; Mt 27, 55-56; Lc 23, 55-56; Jn 19, 25
Le temps est venu de descendre le corps de Jésus sur la Croix. Marie, sa mère le prend sur ses genoux et regarde le ciel en pleurs. Marie-Madeleine est là, aux pieds de Jésus et souffre comme Marie, la mère de Jésus. Joseph d’Arimathie demande à Pilate s’il peut mettre le corps de Jésus dans le tombeau qu’il s’est creusé. Obtenant son accord, Joseph d’Arimathie le porte et le dépose dans le tombeau. Marie-Madeleine suit Joseph d’Arimathie, regarde là où il le pose. Elle reste quelques instants à ses cotés. Une multitude de questions viennent à son esprit. Toutes ses questions restent sans réponse. Elle comprend qu’à cet instant elle ne peut qu’accepter la mort de Jésus. Elle expérimente une vie sans Dieu, sa faiblesse humaine. Qui va-t-elle suivre? Qui va-t-elle écouter ?
l’ensevelissement du corps du Christ : Mc 15, 47; Mt 27, 61
Le dimanche, à l’aube, Marie-Madeleine, accompagnée de quelques femmes, vient au tombeau. En chemin, elles se demandent qui va leur ouvrir la porte? Stupeur, à leur arrivée, elles voient que la porte est ouverte. Marie-Madeleine se précipite auprès des apôtres enfermés au cénacle. Pierre lui ouvre. Marie-Madeleine s’écrie : on a enlevé le corps du Seigneur. Pierre et le disciple bien aimée courent au tombeau. Le disciple arrive le premier et passe la tête. Pierre le rejoint et entre le premier dans le tombeau. Le corps n’y est plus, les linges sont rangés et pliés. Pierre et le disciple bien aimé retournent chez eux. marie-Madeleine reste. Elle n’a qu’un seul désir, retrouver le corps de son maître. Deux anges lui apparaissent et lui disent : pourquoi cherches-tu le vivant parmi les morts. Elle aperçoit un homme. Elle va à sa rencontre. L’homme lui dit : qui cherches-tu? pourquoi pleures-tu? et elle lui rétorque : si c’est toi qui a pris le corps de Jésus, dis-moi où tu l’as mis. Et là, l’homme prononce un mot, son prénom : Marie. Et là, Marie, en un instant reconnaît l’homme qui est devant elle, le Christ. Il est vivant, il est ressuscité.
la résurection : Mt 28, 1-8; Mc 16, 1-8; Lc 24, 1-11; Jn 20, 1-18
Marie se jette aux pieds du Christ. Il la reprend et lui dit : Ne me retiens pas, je ne suis pas encore monté vers mon Dieu et notre Dieu et vers mon Père et notre Père. Mais, va, va annoncer à mes frères que je suis vivant. Va, va dire à mes frères que je suis ressuscité. Dans ce bref entretien, Marie-Madeleine comprend tout. Elle comprend les raisons pour lesquelles le Christ devait mourir et s’offrir sur la croix. Par sa mort et sa résurrection, le Christ nous affranchit du péché, il nous ouvre les portes d’une vie nouvelle, par la grâce qu’il acquiert, l’homme peut devenir fils adoptif du Père, membre du corps du Christ et temple de l’Esprit-Saint. Parée d’un si grand don, Marie-Madeleine court vers les apôtres joyeuse et sereine pour leur annoncer le trésor inestimable qu’elle vient de recevoir : le Christ est ressuscité et il nous entraîne dans sa résurrection.
l’apôtre des apôtres : Jn 20, 17-18; Mc 16, 9-11; Mt 28, 9-10; Lc 24, 9-12