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6. l’amitié Jn 10, 1-44

Nous découvrons par la contemplation que Dieu veut partager avec nous sa propre vie. Par la contemplation, nous comprenons que Jésus nous invite à une relation personnelle, à une relation admirable, celle de l’amitié. Dans notre chemin auprès de Marie-Madeleine, nous découvrons dans le récit de la résurrection de Lazare la profondeur de cette amitié. Comme le dit le père Lacordaire : je ne sais ce qu’en pensent les autres, pour moi, n’y aurait-il que cette page de l’évangile, je croirais à la divinité de Jésus-Christ. […] Comme scène d’amitié, rien de comparable n’existe dans aucun siècle ni dans aucune langue. Le récit de la Résurrection de Lazare témoigne envers les membres de la famille de Béthanie de cette parole du Christ : Je ne vous appelle plus serviteurs mais amis.


Cette amitié du Christ est réelle. Jésus aime Marthe, Marie et Lazare. Par quatre fois dans ce texte, l’évangéliste Jean l’atteste. Une première fois, quand Jésus apprend que Lazare est malade, Marthe et Marie font dire à Jésus : celui que tu aimes est malade. Tout de suite après, alors que Jésus décide malgré la nouvelle de demeurer encore deux jours dans le lieu où il se trouvait, Jean fait cette remarque : Jésus aimait Marthe et sa soeur et Lazare. Ensuite, quand Jésus commence sa route vers Béthanie, le Christ parle à ses disciples de Lazare comme de son ami. Les juifs eux-mêmes quand ils voient Jésus pleuré auprès de Marie-Madeleine dans les larmes, disent voyez comme il l’aimait. Toutes ces paroles nous montrent la relation d’amitié qui existait entre Jésus et la famille de Béthanie. Cette amitié est l’occasion de comprendre la véritable sens de l’amitié, un amour véritable qui dépasse nos horizons humains. Sachant que son ami Lazare était malade, Jésus n’accourt pas tout de suite à son chevet. La première démarche qu’il entreprend est de se rendre présent à son ami par la pensée, par la prière. Il prend le temps de le confier à Dieu, de discerner le bien le plus parfait pour son ami. Le Christ nous enseigne que le meilleur bien à souhaiter pour son ami est le bien que Dieu veut pour lui et son entourage.  Le Christ aurait pu se mettre en marche tout de suite pour délivrer Lazare de sa maladie. Au lieu de cela, il attend le moment pour tirer Lazare de la mort et qu’il vive selon la volonté de Dieu. Le Christ décide alors de partir à la rencontre de Lazare et de ses soeurs au moment où ils ont le plus besoin de l’amitié avec le Christ.


Car des amitiés, ils en avaient. Combien de juifs étaient venus auprès de la famille de Béthanie pour être avec eux et les consoler. Mais la présence de leurs amis ne suffit pas à les sortir de leur peine. Et au lieu de les sortir de leur deuil, ils les écrasent de leurs larmes. Dès que Jésus est aux portes de la ville, à peine Marthe le sait, elle se lève pour aller à la rencontre du Christ. Marthe fait dire en secret à sa soeur Marie que le maître est là, elle se lève à son tour pour aller à la rencontre de son Seigneur. La tendresse déborde dans ce récit et elle est d’abord consolation. Le Christ prend le temps d’être avec chacun des membres de la famille. Il porte leur chagrin. En voyant Marie si triste, le Christ frémit de tout son être. Il se trouble. Le Christ pleure avec Marie qui pleure. Le Christ console Marthe et Marie en prenant sur lui leur chagrin. Le Christ comprend l’état de leur coeur, l’état de leur âme. Il pleure avec ceux qui pleurent. Cette consolation que le Christ témoigne auprès de ses amis n’est pas qu’un sentiment de complaisance, Il est un moment de confiance totale, de compréhension de l’autre.


La confiance apparaît dans les paroles de Marthe et de Marie. Toutes les deux, arrivant vers Jésus, lui disent :  si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. à Marthe, le Seigneur lui répond par ses paroles d’espérance : ne t’inquiète pas, je suis la Résurrection et la vie, crois seulement et ton frère vivra. à Marie, le Seigneur lui répond par ses larmes et les pas posés pour aller au tombeau de Lazare. Se tenant devant la porte du tombeau, il prononce cette parole qui se réalise Lazare, viens dehors ! Sors de ton tombeau ! cette parole n’est-elle pas le signe de la plus belle amitié du Christ envers Lazare et envers ses soeurs et envers tous les témoins de cette scène. Le Christ, par cet acte, dévoile toute la profondeur de son amitié. L’ami veut le bien de ses amis : qu’ils vivent. Le Christ veut le bien le plus parfait qui est de nous conduire à son Père et de vivre de sa vie.  Il veut par là témoigner en vérité de ce qu’il dit : il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.