-
9.l’ensevelissement du corps du Christ
Marie-Madeleine reste un moment au pied de la croix. Les gardes descendent le corps de Jésus. Ils le donnent à Marie sa mère. Elle prend son fils sur ses genoux. Elle lève la tête vers le ciel. Elle pleure. Marie-Madeleine, à genoux, pleure aussi sur les pieds de Jésus. De son côté, Joseph d’Arimathie demande à voir Pilate pour enlever le corps de Jésus (Jn 20, 38). Pilate accepte. Joseph d’Arimathie se presse d’acheter un linceul. Il enveloppe le corps dans ce linceul et dépose le corps dans le tombeau tout neuf que Joseph s’était fait creusé dans le roc (Mt 27, 59). Marie-Magdeleine et ses amies qui avaient comme elle suivies le Christ depuis la Galilée avaient suivi de près Joseph d’Arimathie. Elle avaient regardé là où il l’avait déposé (Mc 15, 47). Elles avaient vu comment Joseph avait déposé le corps de Jésus dans le tombeau (Lc 23, 55). Marie-Madeleine reste un moment assise près du sépulcre (Mt 27, 59).
Elle est abattue. Elle est fatiguée. Elle est anéantie. Son regard est vide. les larmes de la tristesse coulent sur son visage. Son maître est maintenant allongé dans le tombeau, sans vie. Elle retrace dans son esprit tous ces derniers moments de l’arrestation de Jésus jusqu’à sa mort sur la croix. Mille questions surgissent en son esprit. Pourquoi est-il mort? Pourquoi a-t-il subi tant de violence et de haine? Pourquoi est-il revenu à Jérusalem alors qu’il savait très bien que certains juifs le cherchaient pour le saisir et le tuer? Pourquoi ne s’est-il pas défendu quand les gardes sont venus le chercher au jardin des Oliviers alors qu’il priait son Père? Pourquoi ce changement brutal de l'attitude de la foule, quelques jours avant, tous étaient là et l’acclamaient avec les palmes et aujourd’hui, ces mêmes personnes hurlaient : crucifie-le ! Pourquoi s’est-il laissé amener tel une brebis sans défense à l’abattoir et qui est égorgé sans gémir? Comment ont-ils pu s’acharner sur lui, le rouer de coups lors de la flagellation, l’humilier en enterrant dans sa tête cette couronne d’épines? Pourquoi s’est-il laissé condamner à mort sans argumenter? Pourquoi la foule a-t-elle choisie de libérer Barrabas, ce terrible bandit alors que Pilate ne voyait en lui aucun motif de condamnation? Il était dur le moment où Jésus chargé de sa croix paraissait si fragile et si faible, lui le Fils de Dieu, le messie. Et du haut de sa croix, pourquoi a-t-il crié à son Père : Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. Pourquoi a-t-il dit à un des deux larron : aujourd’hui, tu seras dans le Royaume éternel avec moi? Pourquoi s’est-il exprimé ainsi Elie, pourquoi m’as-tu abandonné? Pourquoi quand il gémit j’ai soif, lui a -t-on donné du vinaigre? Pourquoi s’est-il adressé à sa mère en regardant Jean : femme, voici ton fils? Pourquoi s’est-il adressé à Jean en regardant sa mère : Jean, voici ta mère? Pourquoi a-t-il proclamé dans un dernier effort : tout est achevé, entre tes mains je remets mon esprit? Pourquoi les soldats ne lui ont-ils pas brisé les jambes comme aux deux larrons? Pourquoi les soldats lui ont-ils percé le coeur avec une lance une fois qu’il était mort? Pourquoi de l’eau et du sang ont jailli de la plaie? Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi?
Toutes ces questions n’avaient en Marie-Madeleine aucune réponse. Après tant d’agitations dans son esprit, Marie-Madeleine revient à la réalité. Levant les yeux, elle aperçoit le tombeau fermé enfermant le corps du maître. Il est bien mort. Il est inévitable que Marie-Madeleine se pose toutes ses questions. Toutes ses questions ne résoudront pas le fait : Jésus est mort. Elle accepte que la seule vérité qu’elle détient est sa mort. la seule chose à faire en ce moment est d’accepter sa mort : Jésus est mort, il est allongé dans le tombeau. Comme, il est là dans le tombeau, Marie-Madeleine dépose toutes ses interrogations, toute sa faiblesse dans le tombeau. C’est ainsi qu’elle accepte que Jésus n’est plus. Il est absent. il n’est plus là vivant auprès d’elle. Mais alors, que ferai-je sans lui? Qui suivre maintenant? Qui écouter? Que faire? Accepter qu’il soit mort, je l’accepte. Mais comment vivre sans lui. N’avait-il pas les paroles de la vie éternelle. N’était-il pas le chemin, la vérité, la vie? Oh Seigneur, je suis entrain de comprendre et de prendre conscience que la vie sans toi est si triste, si vide, si morte. Oh Seigneur, comment puis-je être sans toi? Oh Seigneur, je fais l’expérience douloureuse que sans ta parole, sans ton amour, je ne suis plus. Oh Seigneur, je prends conscience de ma faiblesse humaine. Sans toi, je ne suis rien