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8.aux pieds de la Croix (Mc 15, 40-41; Mt 27, 55-56; Lc 23, 55-56; Jn 19, 25)
Après le repas à Béthanie, les disciples et Marie-Madeleine accompagnent le Christ à Jérusalem. Jésus y monte pour célébrer la Pâque. En arrivant aux portes de Jérusalem, la foule est là, rameaux de palmiers en main. Elle acclame le Seigneur pour le signe de vie que Jésus a accompli sur Lazare. Jésus trouve un petit âne. Il s’assit dessus et entre dans Jérusalem sous l’acclamation de la foule. Tous crient à pleine voix : Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur et le roi d’Israël. Jésus sait que son heure est proche. Ses disciples et Marie-Madeleine ne comprennent rien du drame qui se trame. Ils sont dans la joie. Ils perçoivent qu’un grand événement est proche mais ils sont loin de penser ce qui va survenir. Après son entrée solennelle, Jésus demande à ses disciples de préparer la fête de la Pâque. les douze et Jésus se retrouvent dans la salle prévue par la providence. Lors de son dernier repas, Jésus leur donne son testament spirituel. Il leur donne de partager le pain, son corps livré. Il leur donne de partager la coupe de vin, la coupe de son sang versée. Jésus célèbre avec ses apôtres le don de lui-même, il offre le sacrifice. Dans ce repas de joie se dessine le drame. Judas quitte le repas. Il va à la rencontre des gardes. Il le livre pour une poignée de pièces. Pierre donne à Jésus l’assurance de sa fidélité, Jésus affirme que Pierre le reniera trois fois. Le disciple bien-aimé pose sa tête sur le coeur de Jésus. à la fin du repas, Jésus sort accompagné de ses disciples, il se réfugie dans le jardin des Oliviers pour y prier. Là, alors qu’aucun ne le comprenne, Jésus se livre à un combat intérieur intense. Il accepte volontairement la coupe présentée par son : Non pas que ma volonté soit faite, Père, mais que la tienne soit accomplie. Je me remets à toi dans les larmes de sang qui coulent déjà de mon front. Je m’en remets à mes détracteurs pour que ta gloire resplendisse. La bande de soldats arrive. Le Christ se laisse prendre et se laisse mener auprès des scribes et des pharisiens. Il se laisse traîner devant Pilate qui ne voit en lui aucun motifs de condamnation. Pilate a du mal à prendre la décision de le livrer. Il le jette aux mains des bourreaux qui le flagellent et qui lui mettent une couronne d’épines sur la tête. Le Christ meurtri, humilié, bafoué réapparaît devant la foule. Marie-Madeleine est là avec la mère de Jésus subissant les délires de la foule. Elles entendent les hurlements du peuple adressés à Pilate : Crucifie-le ! Crucifie-le ! Elles sont dans l’incompréhension totale. Peu de jours avant, la foule acclamait l’oeuvre de vie que le Christ avait accompli. Aujourd’hui, le peuple plaide sa mort sur une croix. Marie, mère de Jésus, et Marie-Madeleine voient leur fils et maître sur le prétoire. Il attend patiemment, humblement, courageusement le jugement qu’il connaît. Pilate prononce la sentence de mort. Le Christ est chargé de sa croix. Il monte la colline de la mort. Sa mère, Marie et Marie-Madeleine accompagnées de quelques autres femmes et de Jean l’accompagnent de loin. Ils le suivent. le chemin est long. Il tombe trois fois. Interminable est la douleur que le Christ subit. De l’autre coté, Marie-Madeleine a une lueur d’espoir, elle espère un instant que Jésus sera délivré du châtiment qui s’abat sur le pasteur. Elle a tellement vu de miracle s’opérer dans les mains du Christ. Arrivant au lieu du dernier supplice, elle prend conscience que rien ne pourra détourner Jésus de cette situation. Elle ne comprend rien. Elle se résout à accepter sans rien comprendre le triste sort de celui qui s’est déclaré être la source d’eau jaillisant en vie éternelle (Jn 4, 14), celui qui vient accomplir la volonté de celui qui l’a envoyé (Jn 5, 30), le pain de vie (Jn 6, 35), Je Suis (Jn 8, 24), le bon pasteur (Jn 10, 11), le Fils de Dieu (Jn 10, 36), la Résurrection (Jn 11, 24), le Chemin, la Vérité, la Vie (Jn 14, 6). Il arrive au calvaire. Il est dénudé. Marie-Madeleine le voit s’élever de terre, étendre ses bras sur le bois de la croix. Elle entend les dernières paroles de Jésus qu’il adresse à son Père, au bon larron, à sa mère, à Jean, au centurion. Jésus ne parle pas à Marie-Madeleine. Marie-Madeleine ne parle pas à Jésus. Ils restent dans le silence de la souffrance. Comme Autrefois elle a répandu en silence ses larmes et ses odeurs à Jésus, car vous voyez que chez le pharisien elle ne dit mot, et au banquet de Béthanie, où elle réitère, sinon ses larmes, au moins ses parfums, elle le fait encore sans paroles, toujours aimante et toujours épandant son cœur et son esprit. Comme donc elle répand et ses larmes et ses odeurs sur Jésus en silence, aussi Jésus répand maintenant son sang sur Madeleine en silence. Lors elle était sans parole, mais non sans amour vers Jésus ; et maintenant Jésus n’est pas sans amour vers Madeleine, bien qu’il soit sans parole. La puissance de son esprit, et de son esprit souffrant, est étendue sur Madeleine, et elle entre par amour en conformité d’esprit et d’état avec Jésus. Elle souffre par amour ce que Jésus souffre par les juifs, et cette croix crucifie Madeleine en Jésus et avec Jésus, ces épines couronnent et navrent Madeleine aussi bien que Jésus, et ce fer de lance qui perce le cœur mort de Jésus perce le cœur vivant de Madeleine.